Le Document d'Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM) est obligatoire dans toute commune exposée à un risque naturel ou technologique. Depuis la réforme du Plan Communal de Sauvegarde et l'élargissement de son périmètre, il doit être mis à jour tous les cinq ans au minimum — et surtout, réellement porté à la connaissance des habitants. Dans la pratique, un PDF de 40 pages publié en 2017 reste la norme. C'est insuffisant, et c'est dangereux.
1. Un DICRIM consultable en moins d'une minute
Un habitant qui s'inquiète d'une crue ou d'une alerte industrielle n'ouvrira pas un PDF de 12 Mo sur son téléphone. Le DICRIM numérique repose sur des pages web courtes, structurées par risque, avec une carte interactive du territoire, les consignes de comportement en 3 points, et les numéros utiles à portée de pouce.
2. Accessibilité RGAA et multilingue
L'information préventive doit atteindre tout le monde : personnes en situation de handicap, non-francophones, publics éloignés du numérique. Concrètement : conformité RGAA (contrastes, lecteurs d'écran, navigation clavier), pictogrammes normalisés, traduction des consignes essentielles, et version FALC (Facile À Lire et à Comprendre) pour les risques majeurs.
3. Une mise à jour continue, pas quinquennale
Un PIC industriel évolue, un PPRI est révisé, une nouvelle station d'alerte est installée : ces changements doivent se refléter dans le DICRIM en jours, pas en années. Un back-office simple, géré par le service sécurité civile, vaut mieux qu'un cycle de refonte tous les 5 ans confié à un prestataire.
4. Diffusion multicanale
- Site institutionnel et application mobile de la collectivité
- QR codes affichés en mairie, écoles, équipements publics
- Notification push lors d'une alerte (couplée à FR-Alert)
- Affichage dynamique dans les lieux à forte fréquentation
- Version papier remise lors de l'accueil des nouveaux arrivants
5. Mesurer et exercer
Suivez l'audience des pages risques, les téléchargements, les pics lors d'événements météo. Surtout, intégrez le DICRIM aux exercices PCS annuels : si les agents ne savent pas le retrouver en 30 secondes, les habitants non plus.
Le meilleur DICRIM n'est pas le plus exhaustif : c'est celui que l'habitant trouve, comprend et retient au moment où il en a besoin.
